2026 1-2 Août Traversée du Grand Combin

🧗 Alpinisme | ● NIVEAU: Avancé | ☀ SAISON : Été
Traversée du Grand Combin, relier les deux vallées d’Entremont par les 4000
1er et 2 août 2026 · Guide : Antoine Délitroz · Massif du Grand Combin, Valais
Jour 1, la montée à la cabane de Valsorey
Après une semaine à faire du canyon dans les eaux du Valsorey, la montagne commençait à me manquer. Cyrille me demande si je suis libre ce week-end de fête nationale et motivé à l’accompagner. Son premier choix était le Weisshorn par l’arête Est, que j’avais déjà prévu plus tard dans la semaine. N’aimant pas trop la monotonie, je l’encourage à explorer autre chose. Il propose le Grand Combin par l’arête du Métin. Je lui réponds : pourquoi pas la traversée ? En prime, ça me permet d’aller voir l’état des glaciers qui alimentent notre canyon en cet été caniculaire.
Un petit message à Isabelle, la gardienne de la cabane, et elle nous trouve deux petites places dans le dortoir complet. Rien d’étonnant : la cabane a beaucoup de succès auprès des alpinistes qui tentent l’ascension du Grand Combin, et auprès des randonneurs également.
On se retrouve le samedi à 13h à la gare de Sembrancher, direction Bourg-Saint-Pierre en transport en commun. La montée à la cabane se déroule sous un soleil écrasant, il fait trop chaud. Elle est ponctuée d’arrêts fréquents : toutes les cinq minutes, nous croisons des locaux venus chercher la fraîcheur en altitude, avec qui nous échangeons nos impressions sur l’état des glaciers et des sommets.
Juste sous la cabane, surprise : un gypaète barbu nous survole à peine dix mètres au-dessus de nos têtes. Les bouquetins sifflent le danger, croyant au passage d’un aigle. On arrive pour le souper, accueillis par Isabelle, la patronne des lieux, et Éric, écrivain des monts qui s’amuse à jouer au gardien. Il a le sourire malicieux de quelqu’un dans son élément.
Le réveil sera matinal : on ne tarde pas pour aller se coucher. Pendant ce temps, les groupes de randonneurs profitent de la soirée pour fêter le 1er Août.
Jour 2, trois 4000 et huit rappels pour relier les vallées
Réveil à 3h. On déjeune vite et on se prépare. Nous sommes les premiers à quitter la cabane, c’est toujours un avantage d’être en tête sur les arêtes. On avance bien, les autres cordées peinent à suivre le rythme. Rapidement, nous nous retrouvons seuls devant.
L’arête du Métin se passe bien. Les ressauts s’escaladent les uns après les autres. Mes nombreux passages sur cet itinéraire m’ont permis de garder en mémoire les repères importants pour naviguer dans ce labyrinthe sans se perdre. On atteint le sommet du Combin de Valsorey avec le soleil : premier 4000 de la journée.

Crampons aux pieds, on repart vers le Combin de Grafeneire. Trois quarts d’heure plus tard, nous voici au sommet principal. Le glacier de Corbassières à nos pieds fait peine à voir : entièrement en glace, sans plus une once de neige pour le protéger des rayons du soleil.

C’est ici que les choses sérieuses commencent. L’aiguille du Croissant et le mur de la Côte, une broutille quand les conditions sont bonnes. Mais les bonnes conditions se font rares.
Isabelle m’avait prévenu : le passage est délicat, cinq centimètres de neige sur de la glace pure. Ce qui complique sérieusement l’assurage de la cordée. Je mouline Cyrille depuis une vis à glace, cinquante mètres plus bas, puis je le rejoins en désescalade. Une technique efficace, qui impose d’être sûr de ses appuis.
Passage franchi, on repart en direction du troisième 4000 de la journée : le Combin de la Tsessette. Ce n’est pas le plus beau des Alpes, mais il figure sur la liste officielle des 4000, ce qui lui vaut la visite régulière des collectionneurs. Pour notre part, on y passe parce qu’il se trouve sur notre itinéraire, l’une des plus belles traversées des Alpes.
Son sommet franchi, l’ambiance change radicalement. On passe d’un environnement glaciaire à un monde rocheux et vertical. Après avoir suivi l’arête à plat sur une centaine de mètres, elle plonge dans le vide. Sous nos pieds : le néant. Une ligne de huit rappels audacieux permet de franchir ce ressaut. Rappel après rappel, on perd de l’altitude, le sol se rapproche.

La journée n’est pas encore finie. Pour rejoindre le fond de la vallée, il faut remonter à la Tour de Boussine par un petit glacier. Grosse pause au sommet, on profite du réseau pour commander le taxi, rendez-vous donné trois heures plus tard au fond du lac de Mauvoisin. Nous y serons à l’heure, les jambes lourdes et soulagés de ne pas avoir à marcher les sept kilomètres à plat le long du lac.
Une aventure s’achève. Fiers d’avoir relié les deux vallées d’Entremont en passant par les 4000 du Grand Combin. Cette course est toujours aussi belle, sauvage, intense et variée. Elle n’attend que votre visite.
Infos pratiques
| Point de départ | Bourg-Saint-Pierre (transport en commun depuis Sembrancher) |
| Retour | Lac de Mauvoisin (taxi précommandé) |
| Hébergement | Cabane de Valsorey (gardienne Isabelle, réservation indispensable) |
| Durée totale | 2 jours |
| Sommets | Combin de Valsorey 4184 m, Combin de Grafeneire 4314 m, Combin de la Tsessette 4135 m |
| Conditions glacier | Glacier sec, mur de la Côte délicat (5 cm de neige sur glace) |
| Météo | Grand beau, chaleur estivale |
| Niveau requis | Avancé, avec une grande forme physique (plus de 12h d’efforts) |
| Équipement | Crampons, piolet, baudrier, casque, matériel de rappel |
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